*** Interview traduite par Ben35 du forum Shakirawhenever ***
- Que te reste-t-il de la petite fille de 4 ans?
Beaucoup. Je suis une femme de 31 ans qui ne rate pas un seul film d'Harry
Potter. Et pour chaque livre de Potter, j'essais de compenser et je me lis un
tome des Rois de France. J'ai construit un pont solide, vers un monde
d'imagination et mes souvenirs d'enfance. Et là je rêve de la possibilité qu'il
y ait des gnomes dans le jardin de ma maison des Bahamas. Parfois je continue
d'observer le paysage et je rêvasse avec cette possibilité. Je me sens parfois
comme une fillette de 8 ans, mais avec la responsabilité d'une femme de 31 ans.
- Qu'est-ce qui te vient à l'esprit quand tu te rappelles la fois où tes
parents t'ont emmené au parc Suri Salcedo, de Barranquilla?
Le jour où j'ai appris la crise financière. Mon papa et ma maman avaient perdu
leurs affaires. J'avais environ 7 ou 8 ans et j'étais très frustrée puisque je
me suis rendue compte que ma vie n'allait pas être égale.
Alors ils m'ont emmené
au Suri Salcedo pour me montrée une réalité encore plus dure que la mienne. Quel
impact de voir des enfants consommant de la drogue pour oublier la faim, des
enfants orphelins, abandonnés. Ce fut si fort que je me mis dans idée de faire
quelque chose, un jour, pour ces enfants .
C'est pourquoi, quand j'ai décidé à 18
ans de créer la fondation Pies Descalzos, l'axe a toujours été les enfants
défavorisés. Et à mesure que les années passèrent, le nombre de personnes
défavorisées en Colombie a augmenté, j'ai appelé Marie Emma et me suis
proposée d'augmenter l'appui qui consistait à donner aux enfants ce que
j'obtenais de mes propres prestations. Et elle a réalisé un
travail impeccable, qui explique pourquoi je l'aime et je l'admire.
Pour moi,
c'est très important de savoir ce qui passe avec chacun de ces enfants; parce
que je les connais, je connais leurs noms et leurs histoires. Ils sont devenus
un peu essentiels à ma vie, quelque chose dont je dépends presque.. C'est
pourquoi je recommande à toute personne qui peut, dans la mesure de ses
possibilités, d'aider un enfant.
- Quelles phrases, quel regards te souviens tu de ces enfants?
Il y a tant d'histoires qui m'ont fait pleurer de joie... Comme celle d'Angel,
un enfant qui travaillait sur le marché de Bogotá, à charger des paquets. Nous
avons connu son papa et nous lui avons promis de l'emmener à une de nos écoles
pour l'alimenter.
Parce que la fondation ne construit pas seulement des écoles
et met l'éducation à disposition, elle se préoccupe aussi de la psychologie de
l'enfant, et surtout de l'alimentation.
Un enfant ne peut pas apprendre
l'estomac vide. Et quand tu offres un plat de nourriture à l'enfant, le père se
sent plus en confiance pour laisser son enfant aller à l'école au lieu de
travailler. Cet enfant ne travaille plus aujourd'hui, elle étudie et tout se
passe très bien.
Quand nous avons commencé à travailler dans le Chocó, les
enfants ne connaissaient même pas le goût de la viande. Aujourd'hui nous n'avons
pas d'enfants mal nourris dans nos écoles. Pour certains, du fait de l'état dans
lequel ils sont rentrés, la malnutrition avait déjà fais de grands dégâts. C'est
le cas de Wilson, qui ne va plus grandir, ou de Forley, qui est dans un fauteuil
roulant mais qui s'est surpassé, et est le premier de sa classe.
- Et l'élève star?
Héctor Horacio, qui a finit 14ème dans les épreuves de l'Icfes et à qui on
attribue une bourse à l'Université Jorge Tadeo Lozano, étudie la biologie. Le
plus mignon dans tout ça c'est que cet enfant, qui sortait d'une
histoire très dramatique et de pauvreté extrême, étudie pour être un
professionnel et pour travailler dans une école, pour rendre un peu de ce qu'il
a reçu. Quand nous offrons une chance à un enfant défavorisé, nous cassons le
cercle vicieux de la pauvreté; mais nous lui donnons aussi les outils pour que
la communauté se sente plus inspirée. L'inspiration se transmet.
- Ce n'est qu'une partie de ton travail social, l'autre est la fondation
Alas et ses concerts..
Ces concerts ont permis de réunir 400 000 personnes. Quoi de mieux que 30
artistes réunis sur scène autour de la même cause? Nous unissons nos voix et
nous les utilisons en faveur de ceux qui ne peuvent pas user de la leur.
Faire
prendre conscience et informer de l'importance d'investir dans le secteur
infantile le plus vulnérable, depuis la plus tendre enfance, depuis le ventre,
quelque chose qui se nomme aujourd'hui développement infantile précoce. En
Amérique latine, ni les gouvernements ni le secteur privé investissent pour la
santé des enfants de 0 à 5 ans, qui sont dans l'étape cruciale, puisque ce sont
les années durant lesquelles se forme leur cerveau. Si nous ne les nourrissons
pas, si nous les ne stimulons pas suffisamment, ensuite ils seront limités pour
apprendre et, plus tard, limités pour avoir un travail digne.
Ce qu'il faut,
c'est organiser les investissements qu'ont promis quelques entrepreneurs comme
Carlos Slim et Howard Buffet. L'idée est d'annoncer avant la fin de l'année un
plus grand compromis avec les gouvernements. Maintenant les gouvernements
n'auront qu'à tenir leurs engagements, diminuer les inégalités de développement
et donner une stimulation.
Tout cela me fait un peu peur, puisque je sais que ce sont beaucoup
d'expectatives et nous ne sommes pas une machinerie politique mais des artistes
unis, voulant mobiliser la société.
- Combien ont-ils rapportés?
Il est important de préciser que les recettes ne sont pas gérées par Alas. Nous
sommes seulement le moyen de mobilisation. Ces 200 millions de dollars promis
par les entrepreneurs, seront investis travers des fondations qui existent déjà.
- Ne te tu sens pas un peu maman de tous ces petits garçons ?
Oui, il est clair que oui. Je sens que j'ai 5 000 fils adoptifs. Et en 2009 j'en
aurai 6 500, quand la construction du collège de Barranquilla sera terminée.
C'est une occasion que m'a donnée la vie, et je la remercie puisque cela me
procure un immense bonheur; peu de choses peuvent égaliser cela.
- Ils te comblent autant ou plus que d'être sur scène?
Ce sont deux choses distinctes. J'ai eu la chance de vivre de ce que je chante,
de ce que je pense et de ce que je crois, et c'est une très grande émotion
d'être sur une scène et d'établir un lien avec tant de personnes et de savoir
que des millions de personnes s' identifient avec un sentiment qui est très
personnel et que j'ai exprimé dans une chanson.
Pendant l'Oral Fixation Tour,
l'un des moments les plus émouvants a toujours été quand sonne la clarinette et
que je dis 'En Barranquilla se baila así', et tous le répètent, qu'ils soient
allemands ou suisses, arabes ou américains!
Quand je me trouve avec ces enfants et je vois leurs progrès et je vois que la
possibilité d'être éduqué et de se nourrir transforme des vies, je pense que
demain ce seront des éléments productifs pour la société et qu'ils réaliseront
leurs rêves comme j'ai pu réaliser les miens ... C'est une joie immense!
- Est-ce que ce sera une préparation aussi pour devenir mère ?
*rires* Je ne sais pas. Ce qui concerne la maternité, je l'ai comme très latent. Ce n'est pas un hasard si il y'a un bébé sur les pochettes des
2 volumes Fijacion Oral/Oral Fixation. *rires* J'appelle cela des finalités
subconscientes.
Évidemment, il y a en moi une voix qui dit « Fais-le déjà ! Aie
un fils ! », et c'est quelque chose que je crois pouvoir arriver bientôt. Mais
pour l'instant mon souci fondamental ce sont ces 5 000 enfants, et d'accoucher
du prochain album dont, bien qu'il n'ait pas encore passé son échographie, nous
espérons que c'est un fœtus salutaire. Espérons qu'il ait ses dix doigts de la
main et ses dix orteils.
- Pour avoir un enfant, est-il nécessaire de se marier?
Je ne crois pas... *Réfléchit puis lâche un éclat de rire* Non, je ne crois
pas.
Il y a un aspect du mariage qui me fait peur et je vais te l'avouer :
Antonio et moi sommes fiancés depuis longtemps (huit ans). Mais le mariage me
fait peur parce qu'il me semble plus romantique d'être la fiancée éternelle, que
l'homme s'efforce, qu'il ne s'endort pas sur ses lauriers. Il y a quelque chose
quand on est couple mais qu'on ne se marie pas qui nourrit le désir. A quoi bon
réparer ce qui n'a pas été abîmé, à quoi bon y toucher?
- Mais tout le monde insiste pour vous marier !
Ils me marient, me divorcent... Mais il n'y a pas eu des plans de mariage à
aucun moment, seulement le compromis et la bague qu'il m'a offert quand il m'a
demandé en mariage. Nous ne nous sommes pas assis à faire précisément la liste
des invités. Parce que c'est quelque chose dont j'ai essayé de le convaincre.
Lui,
il veut se marier. Il y a à peine 15 jours, il me disait « Allons nous marier! *rires* ». Mais en même temps, il comprend ma position.
- Le fait de ne pas te marier n'a-t-il pas à voir avec ta carrière?
Sincèrement, je te le dis ainsi parce que ça me touche, parce qu'on me le
demande tant... La vérité est que j'ai peur de créer une fausse sécurité et de
nous endormir sur nos lauriers. Ca me paraît plus romantique d'être sa fiancée
éternelle, d'avoir des enfants et de fonder une famille avec lui.
- Ce serait terrible d'organiser le mariage...
Oui, oublie! Et comment faire pour que les caméras n'arrivent pas ? Parce que je
ne veux pas me retrouver en tenue de noce sur des couvertures de magazines..
C'est la raison numéro un pourquoi on ne se marie pas.
- Comment vois tu la vie de couple?
Je voudrais déjà dire que je ne suis pas traditionnaliste, et je n'ai pas une
vision classique de la vie de couple. Je pense que l'institution du mariage n'a
pas toujours existée dans la société, mais a été inventée bien plus tard. Et
c'est une partie de la société dans laquelle nous vivons.
- Comment est votre relation?
Merveilleuse, très profonde, nous sommes très unis. La vérité est qu'on ne
voudrait pas la ruiner avec le mariage.
- Les ragots ont-ils mis en danger cette relation ?
Non, en aucun point.
- Quelle est la base de la confiance pour que des photos comme celles
qui ont circulées ne provoquent pas de crise ?
Au contraire, devant des choses pareilles, nous nous unissons plus parce que...
Bon, premièrement, notre amour n'est pas une prison mais une relation. Je crois
fermement aux libertés individuelles. Et notre relation est fondée sur la
liberté et la confiance, sur la fidélité mutuelle et l'amour que nous avons et
cela nous a soutenu jusqu'à présent et au-dessus de toute chose.
Le désir ne
peut pas grandir s'il n'y a pas de liberté. Pour moi, la liberté et la confiance
sont l'engrais de la culture du désir. Évidemment, la presse peut toujours
sortir quelque chose d'un contexte. Antonio était dans un anniversaire, beaucoup
de personnes s'approchent de lui et en plus c'est un bel homme ... *rires* pour
moi c'est un bel homme ...un homme attractif...
Évidemment les femmes se
rapprochent de lui et il doit s'occuper d'elles, c'est pareil pour moi, beaucoup
d'hommes et femmes m'approchent tout le temps. Et je suis affectueuse dans mon
traitement avec les gens.
- Une fois tu as dit que l'infidélité serait motif de rupture...
Je crois que l'on ne peut pas être aussi radical. Aujourd'hui je pense que ce
serait une situation très douloureuse. Je ne m'imagine pas dans cette situation
avec Antonio, en huit ans il ne m'a pas donné de motifs. Je ne sais pas comment
il réagirait.
Il me semble ridicule de dire que c'est un motif de rupture,
puisque une personne ne sait pas si l'amour qu'elle a pour une autre est
beaucoup plus grand que son orgueil. Qui peut savoir l'articulation de chaque
relation, il peut manquer des choses.
L'infidélité n'est pas un acte criminel,
je ne crois pas que quelqu'un doive être condamné pour être infidèle; mais oui
je crois que cela blesse beaucoup et c'est difficile de s'en remettre. Il y a des
couples qui passent par cette étape, d'autres non, mais jusqu'à présent cela ne
nous est pas arrivé.
- A part t'aimer, que fait Antonio?
Je suis très ouverte à la presse et je l'ai toujours été.
Mais il n'est pas
intéressant pour Antonio de devoir s'expliquer, il n'est pas une pop star et n'a
pas de disques à promouvoir.. Il a toujours été très réservé et il ne se
consacre pas à s'auto promouvoir.
Nous vivons ensemble aux Bahamas, mais il passe
beaucoup de temps à travailler à New York. Il a ses propres affaires, en dehors
de celles qu'on fait ensemble. Depuis six ans, Antonio a décidé de se charger de
tous mes sujets artistiques. Nous prenons ensemble toutes les décisions, c'est
mon plus grand appui et il manie mes contrats. Depuis qu'il s'en charge, ma
carrière n'est allée que dans le bon sens. Il a fait un grand travail avec moi,
en me soignant, en me protégeant.
Il y a une autre partie, qui sont des affaires
autres que les miennes. Il a son associé à New York et il travaille avec un fond
d'investissement. Ils développent un projet, une île aux Bahamas, c'est son
affaire de propriété, que je connais bien sûr, mais je ne regarde pas tous les
jours où il en est.
Cette année il a été producteur exécutif des concerts
d'Alas, il a été de ceux qui ce sont le plus investis, et ça vous pouvez le
demander à Alejandro Santodomingo, à Carlos Slim, ou à Alejandro Sanz. Les
concerts n'auraient pas eu lieu sans Antonio, car qu'il n'est pas facile de
mettre d'accord plus de 30 artistes pour la même date, tant d'impresarios, et
les villes pour qu'elles donnent la permission de faire les concerts.
- Quand tu es dehors et que tu entends la voix d'Antonio au téléphone,
comment réagis ton corps?
Ah! *rire* Je dis « Quelle voix de Stentort , quel
mâle! » Parce qu'il a une voix imposante, quand je l'entend de loin je me dis «
Ah voilà Antonio ! »
- Qu'est ce qu'il te manque le plus quand il n'est pas là ?
Sa poitrine, où j'incline ma tête et où je trouve le repos. Il me donne une paix
et une sérénité que j'ai apprise à travers de lui; parce qu'il calme mes moments
les plus orageux, il apaise la tempête.
- Ne crois-tu pas avoir pris à la légère la décision de ne pas aller à
Cúcuta, au concert de La Frontera ?
La vérité, c'est que j'ai été prévenue très peu de temps avant et il n'a pas été
possible de bouger les compromis fixé à cette date. J'ai essayé jusqu'à un
dernier moment.
Par exemple, Juanes n'a pas pu aller au concert Alas, un
inconvénient s'est présenté et c'est normal. Les artistes ne peuvent pas être
partout au même moment, enfin jusqu'à ce que le clonage soit inventé *rires*
Au
final, les relations s'étaient déjà normalisées entre les deux mandataires, Chávez et Uribe. Là il n'y avait pas d'urgence de ma présence et le concert
avait pris une autre signification, c'était pour célébrer le rétablissement des
relations diplomatiques.
Mais c'était un grand geste, il m'aurait plu être là
avec mes collèges et avec Juanes.
Je crois qu'il serait urgent et important de
faire un concert pour notre propre paix, pour la paix interne de la Colombie;
pour tous ces milliers de personnes qui sont en captivité et souffrent de la
perte de leur liberté. Je rêve de cette mobilisation d'artistes par la paix.
- Et est-il possible d'obtenir la paix en Colombie, avec un conflit qui
dure depuis plus de 50 ans ?
Oui, je crois que ça l'est, et qu'il y a pas seulement un chemin pour arriver à
la paix, mais plusieurs. Je crois que nous devons nous mettre d'accord et le
désirer intensément. Mais au-delà de cela qui semble romantique, il faut semer
les graines du lendemain. L'éducation est une arme très puissante dans la
stratégie pour la paix. Nous savons qu'une personne qui a peu d'options
d'étudier, de se nourrir, qui n'a pas de bonnes opportunités dans la vie, a plus
de possibilités de s'unir à un groupe armé, de finir dans des affaires obscures,
dans le crime.
- Qu'est-ce que signifie pour la Colombie, pour sa situation et son
avenir, la libération d'Ingrid Betancourt et des 14 autres otages ?
La possibilité de recommencer à rêver d'une paix stable et définitive, et de la
force pour ne pas s'arrêter jusqu'à ce que tous les otages soient libérés.
- Quels mots te viennent à la tête quand tu entends le nom d'Ingrid ?
Admiration, courage, intelligence, sensibilité, orgueil...
- En quoi la situation du pays a changée durant ces dernières années ?
Je crois qu'il y a eu de grandes avancées vers la paix. La Colombie est perçue
aujourd'hui dans le monde comme un pays attractif pour l'investissement
étranger, chaque fois il y a plus de gens qui nous visitent, qui se sentent sûrs
dans le pays. Le Président a fait une très bonne gestion, il a généré la
confiance en Colombiens.
- En quoi as tu remarqué cela?
Il ya 8 ou 9 ans, quand j'ai commencé à m'exporter au marché anglais, dans les
premières interviews on me faisait pas mal de 'blagues' , il y avait du sarcasme
quand ils apprenaient que j'étais colombienne : « Tu es le deuxième produit
d'exportation après la cocaïne ». Quand ils savaient d'où je venais, ils me
demandaient : « Qu'est-ce que tu m'as apporté ? ». La Colombie n'était associée
à rien de positif. Cela a changé. Aujourd'hui les journalistes étrangers
mentionnent la beauté des Colombiennes, les autres parlent des villes comme
Cartagena, de l'amabilité du Colombien, de la joie de nos gens, la culture, le
maniement de la langue, la musique...
Je suis très optimiste quand je vois mon
pays et je sens que si nous faisons un effort collectif, nous pouvons nous
approcher d'une paix durable.
- Quels sont les défis que nous avons ?
Il y'en a beaucoup : trois millions de déplacés par la violence, que nous ne
pouvons pas oublier; deux millions et demi d'enfants qui n'assistent pas à
l'école...
Investir dans notre peuple, dans cette société qui a besoin
d'opportunités, qui a été fouettée depuis la colonie, parce qu'être colonie nous
a coûté très cher, cela a signifié nous satisfaire d'une réalité que nous
héritons, avec les classes oligarchiques qui ont gouverné pendant tant d'années. Notre génération actuelle de
Colombiens et Colombiennes désire sortir de l'invisibilité pour transformer
notre réalité.
- Aujourd'hui, quand tu te regardes au miroir et tu vois que tu as fais
de ton rêve une réalité: qu'est-ce que tu penses, qu'est-ce qui te vient à
l'esprit ?
Uff! Me maintenir comme je suis, créative. J'oublie que je suis une célébrité.
La plupart du temps je ne me souviens pas, à moins qu'il n'y ait le flash d'un
appareil, ou quelqu'un qui me demande un autographe. Je me sens une ouvrière de
ce que je fais, ainsi qu'une secrétaire veut rédiger sa meilleure lettre ou un
chef veut préparer son meilleur plat. C'est comme ça que j'ai construit une
carrière de 18 ans, de brique en brique, avec sueur, avec effort et sous le
soleil. Cela me permet de regarder en arrière et de profiter des réussites
obtenues; mais il y a plus...
- Quoi?
Je rêve encore de cette chanson que je n'ai pas écrite: quand cette chanson
viendra-t-elle ? La chanson parfaite... Où est-elle ? Surement en moi. Et
maintenant je la cherche...
- Comment est cette chanson?
Certains l'ont obtenue : Bob Marley, John Lennon. Ce sont des chansons dont tu
n'as besoin d'absolument rien changer, même après cent ans. Mozart, Beethoven,
Bach... l'ont obtenue.
- Quelles sont ces chansons parfaites?
'Imagine' de Lennon, 'No Woman No Cry' de Marley...
- Aujourd'hui tu connais tant de personnes que, petite, tu admirais..
Oui, comme Miguel Bosé, j'étais amoureuse de lui à 8 ans *rires*
Et parfois,
j'ai du mal à croire que je ne rêve pas quand nous travaillons ensemble, comme avec
le projet Alas. Là je me rend compte que la vie est une association de paradoxes
et de surprises, et de petits miracles.
Par exemple, quand j'ai travaillé avec Beyoncé, j'étais très nerveuse. C'est elle qui m'a appelée, pour me demander de
chanter, de danser, et de tourner un clip avec elle. C'est une reine totale dans
ce qu'elle fait. On apprend beaucoup d'une collaboration. J'ai appris beaucoup
d'elle, d'Alejandro Sanz, de Gustavo Cerati.
- Et le nouvel album?
Hum, l'inspiration! ... Nous l'aurons vers le milieu de l'année qui vient. Parce
que je prend toujours du retard en écrivant. J'ai déjà écrit 30 chansons, mais
je continue de chercher encore une paire.
- Dans quoi t'impliques-tu ?
Je voyage à Londres pour réunir quelques producteurs; mais je me charge de la
production générale. Il y a beaucoup de travail, comme prendre soin, continuer
d'écrire, chercher un son supérieur à celui de l'album précédent ... de me
surpasser, c'est le défi.
- Et les thèmes ?
*rires* Cohérents avec une femme de 31 ans! Je ne vais pas parler de ce que les
petits disent. Je parle d'autres choses, qui me possèdent aujourd'hui, qui
habitent mon corps et mes sensations.
- Comme lesquelles?
*rires* Je ne sais pas... Il est un peu prématuré de parler de cela!

Inclus "Hay Amores" & "La Despedida"
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